1882. Un été nordique au château de Maisons

Château de Maisons, Maisons-Laffitte

12.3.-27.6.2022

Albert Edelfelt fut l’un des artistes invités au château de Maisons avec son ami Gunnar Berndtson par l’intermédiaire de leur ancien professeur, Adolf von Becker. Le propriétaire du château, Wilhelm Tilman Grommé, était lui-même peintre et souhaitait que des artistes profitent de ce lieu d’exception et y trouve l’inspiration propice à de nouvelles oeuvres.

Accompagnés de leur modèle favori, Antonia-Louise Bonjean, les peintres séjournèrent au château au cours de l’été 1882. Si Gunnar Berndtson inscrivit à trois reprises ses personnages en costume rococo dans le cadre du château, Albert Edelfelt fit poser une petite fille de Maisons-Laffitte en robe Empire dans les jardins, laissant deviner le château en arrière-plan.

De ce séjour demeure une série de photographies, prises par Louis-Amédée Mante à la demande du propriétaire, et de nombreuses mentions dans les lettres envoyées chez eux en Finlande.

Edelfelt soulignait que le peintre russe Vassili Verestchagin, dont il avait abondamment entendu parler dans l’atelier de Jean-Léon Gérôme à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, avait son atelier dans le parc du château. Verestchagin revenait avec son épouse d’un voyage en Inde et au Tibet, dont il avait ramené des vues de l’Himalaya.

L’évocation de cet été nordique permettra le retour au château de Maisons des oeuvres qui y furent produites, grâce à de nombreux prêts venus de Finlande.


Monuments nationaux magazine

N° 11, janvier-avril 2022, p. 44-49

Albert Edelfelt et les Romanov

Saint-Pétersbourg
Académie impériale des beaux-arts
14.11.2019-19.1.2020
Helsinki
Musée des beaux-arts Sinebrychoff
6.5.-10.5.2020
Après Saint-Pétersbourg, Helsinki reçoit une charmante exposition de portraits d’enfants peints par Albert Edelfelt dans la famille impériale russe, intitulée Albert Edelfelt et les Romanov. Un tableau, que l’on croyait perdu ou détruit depuis la Révolution russe, retrouvé par Sani Kontula-Webb, directrice de l’Institut finlandais à Saint-Pétersbourg, est à l’origine de cette exposition.
Albert Edelfelt, Les Grand-Ducs Boris et Cyrille Vladimirovitch de Russie, 1881,
Musée d’Art et d’Architecture de Rybinsk.

Bien qu’il soit question d’Albert Edelfelt comme peintre de cour en Russie, cet épisode fascinant ne détache pas entièrement le peintre suédois-finlandais de son enracinement parisien. Dans une série de lettres conservées à la Bibliothèque nationale de Finlande, dont nous reproduisons ici des extraits, Albert Edelfelt raconte à son ami Charles Baude le détail de cet hiver 1881 à Saint-Pétersbourg. Pris dans le tourbillon des commandes impériales, il s’excuse de ne pouvoir produire les dessins destinés à la presse illustrée que Baude devait graver. Il s’exalte également devant l’élégance et la sensibilité des puissants, qu’il s’étonne de pouvoir côtoyer dans leur intimité.

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En visite à Maisons-Laffitte

On lui connaît un charmant tableau évoquant les alentours du château de Maisons et représentant une enfant sous le titre malicieux de Ma grand-mère en l’an IV. Le séjour d’Albert Edelfelt à Maisons-Laffitte au cours de l’été 1882 est surtout resté célèbre grâce à une série de photographies prises par Louis-Amédée Mante à l’intérieur du château et dans le parc. L’étonnante décontraction des personnages souligne le cadre informel de leur présence dans le château de François Mansart.

Albert Edelfelt, Ma grand-mère en l’an IV, 1882, collection particulière.
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